Traquer le radon concentré dans les maisons
Il n’a aucune odeur, il est totalement invisible et il ne cause ni mal de tête, ni fatigue, ni nausée. Ce gaz, c’est le radon. Le seul moyen de l’identifier est d’utiliser des instruments de mesure. Depuis quelques mois, Daniel Oldenziel, un physicien néerlandais établi à La Chaux-de-Fonds, propose un service de mesures et d’expertises pour déloger ce gaz radioactif et cancérigène.
Lorsque Daniel Oldenziel apprend que la concentration de radon dans son bureau est trop importante, ce physicien néerlandais, installé à La Chaux-de-Fonds depuis 1990, décide de se documenter sur ce gaz qu’il ne connait pas. «Je me suis dis qu’il était nécessaire de prévenir la population de la dangerosité de ce gaz. J’ai donc décidé de suivre des cours pour devenir expert», explique le physicien avec son accent néerlandais. «Mon but n’est pas d’inquiéter les gens mais de les rendre attentifs et de leur montrer qu’il existe des solutions.»
Agréé par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), le nouveau spécialiste du radon a ajouté récemment cette activité aux nombreux services proposés par l’entreprise chaux-de-fonnière «Hynatec», spécialisée en conseils techniques, qu’il a créée dans les années 1990. Il collabore également avec la Ville de la Chaux-de-Fonds pour lutter contre le gaz nocif. «Mon objectif n’est pas de gagner ma vie de cette activité liée au radon, c’est plutôt un hobby. Je cherche à proposer la meilleure solution pour faire baisser la concentration de ce gaz dans les habitations.»
En Suisse, les massifs alpins cristallins et l'arc jurassien étant particulièrement propices au développement de ce gaz radioactif, le radon est très présent dans le canton de Neuchâtel, surtout dans le Haut. «Le massif jurassien est riche en fissures et en failles et c’est pourquoi le gaz peut facilement se déplacer», précise Daniel Oldenziel. «Dès le moment où il sort de la terre, le radon est emporté par le vent. Mais à l’emplacement d’une maison ou autre habitation, il se répand entre les murs.»
La dangerosité de ce gaz n’est donc pas à sous-estimer. Selon l'OFSP, le radon serait responsable de 200 à 300 décès par année en Suisse. «Il s’agit d’un processus très lent», souligne l’expert hollandais. «Les particules radioactives entrent dans le corps par la respiration et se posent sur les poumons. Après le tabac, il représente la deuxième cause de cancer des poumons!» /EDI
Plus d’informations sur www.ch-radon.ch
Pas de panique, des solutions existent!
Avant de s’inquiéter, il est nécessaire de se munir d’un dosimètre afin de mesurer la concentration de radon dans l’habitation. La durée recommandée de la mesure est de trois mois. Si la concentration dépasse les normes établies par l’Ordonnance fédérale sur la radioprotection, le propriétaire doit ensuite prendre des mesures.
L’installation d’une ventilation est la solution la plus utilisée. Cela permet le passage d’air frais et élimine le radon. Il est aussi possible d’aspirer le radon sous le sol par un carottage. A noter que simplement aérer l’habitation ne suffit pas, ce n’est qu’une solution passagère.
Des mesures de contrôle sont nécessaires après l’assainissement. Il est possible d’effectuer des assainissements simples pour quelques centaines de francs déjà. Les plus complexes peuvent atteindre plusieurs milliers de francs. /edi
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